L'Ukraine risque de perdre jusqu'à 6 milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) de recettes céréalières, le blocus de ses ports par les forces russes l'empêchant de vendre des millions de tonnes de blé et de maïs destinées à l'exportation jusqu'en juin, a déclaré à Reuters un haut responsable du secteur.
Les pays qui dépendent des importations de blé ukrainien – notamment l’Égypte, la Turquie et le Yémen – devront trouver des sources d’approvisionnement alternatives.
L'Ukraine, l'un des principaux producteurs mondiaux de céréales et d'oléagineux, exporte 98 % de ses céréales par voie portuaire et seulement une petite partie par voie ferroviaire, où les coûts sont plus élevés. Le pays était le quatrième exportateur mondial de céréales lors de la campagne 2020/21, tandis que la Russie occupait la troisième place, selon les données du Conseil international des céréales. À eux deux, ces pays représentaient 22 % des exportations mondiales.
Blocus du port
En raison de la présence de navires de guerre russes au large des côtes sud de l'Ukraine, empêchant les cargos de quitter les ports, notamment Odessa, un important port de la mer Noire, les exportations de céréales sont au point mort depuis le début de la guerre le 24 février.
Les autorités maritimes ukrainiennes ont indiqué que les combats ont immobilisé une centaine de navires battant pavillon étranger dans les ports du pays. « Nous risquons de subir une perte potentielle de six milliards de dollars », a déclaré à Reuters Mykola Gorbachev, président de l'Association ukrainienne des céréales, ajoutant que le pays disposait encore d'environ 20 millions de tonnes de blé et de maïs à exporter, à un prix moyen d'environ 300 dollars la tonne.
Selon ce responsable, l'Ukraine ne peut transporter de tels volumes par train, le réseau ferroviaire ayant une capacité limitée à 600 000 tonnes par mois, soit un dixième de la capacité des ports d'avant-guerre. En 2021, l'Ukraine a exporté pour environ 27 milliards de dollars (24,5 milliards d'euros) de produits agricoles.
l'inflation alimentaire
La Russie, frappée par des sanctions occidentales et soumise à des restrictions à l'exportation, était le premier exportateur mondial de blé en 2020/21, mais pourrait perdre ce statut au profit de l'Union européenne lors de la saison actuelle, selon les prévisions du Conseil international des céréales.
La crise ukrainienne va alimenter davantage l'inflation alimentaire. L'agence alimentaire des Nations Unies, la FAO, a indiqué ce mois-ci que les prix alimentaires mondiaux ont atteint un niveau record en février, enregistrant une hausse de 20,7 % sur un an.






