Risque géopolitique Photo Shutterstock

Les risques environnementaux et cybernétiques sont moins valorisés par les dirigeants d'entreprises du G20 que les préoccupations économiques à court terme.

D'après de nouvelles données du Forum économique mondial, l'inflation galopante, les crises de la dette et la hausse du coût de la vie constituent les principales menaces pour les entreprises dans les pays du G20 au cours des deux prochaines années. Les conclusions de l'enquête annuelle menée auprès des dirigeants d'entreprises, qui a recueilli les points de vue de plus de 12 000 chefs d'entreprise de 122 pays entre avril et août, précèdent la COP27 en Égypte et le sommet du G20 en Indonésie, tous deux organisés ce mois-ci.

D’après les conclusions de l’étude, l’interdépendance des risques économiques, géopolitiques et sociaux domine le paysage des risques pour les dirigeants d’entreprises du G20, qui continuent de s’attaquer aux préoccupations actuelles concernant la perturbation des marchés et l’escalade des conflits politiques.

 

Risques

L’inflation rapide ou soutenue est le risque le plus fréquemment cité parmi les pays du G20 interrogés, avec plus d’un tiers (37 %) des pays du G20 identifiant ce facteur comme leur principale préoccupation, suivi par les crises de la dette et la crise du coût de la vie (21 %).

Deux pays du G20 ont identifié le contexte géoéconomique comme leur principale préoccupation. D'autres répondants ont cité l'effondrement potentiel de l'État, le manque de services numériques généralisés et la fracture numérique comme leurs principales inquiétudes.

Les résultats de cette année contrastent fortement avec ceux de 2021, notamment dans des domaines clés tels que les risques technologiques et environnementaux. Malgré la pression environnementale croissante et le renforcement de la réglementation au cours des douze derniers mois – et compte tenu de l'ajustement de la liste des risques étudiés cette année en fonction de l'évolution des tendances économiques, géopolitiques et environnementales – les enjeux environnementaux apparaissent dans le rapport de cette année comme un risque nettement moins important pour les pays du G20 par rapport à 2021.

« Après une hausse de deux milliards de tonnes en 2021, l'augmentation des émissions mondiales de CO2 cette année est bien moindre, avoisinant les 300 millions de tonnes. Cette baisse s'explique par le développement des énergies renouvelables et des véhicules électriques. Malgré ces évolutions positives, nous ne sommes toujours pas en voie d'atteindre l'objectif de 1,5 °C. La transition vers la neutralité carbone a considérablement perdu de son importance dans les priorités à court terme de nombreux dirigeants d'entreprise. Or, les impacts du changement climatique sont à la fois immédiats et durables. Même dans le contexte géopolitique et économique actuel, difficile, nous devons nous concentrer sur la construction d'un système énergétique plus propre, plus abordable et plus sûr si nous voulons préserver un avenir neutre en carbone », déclare Peter Giger, directeur des risques du groupe Zurich Insurance.

Malgré la menace croissante de cyberattaques sur les infrastructures critiques, ce risque, parmi d'autres risques technologiques, figure parmi les cinq risques les moins cités cette année. « Les dirigeants d'entreprises du G20 se concentrent, à juste titre, sur les risques économiques et géopolitiques immédiats et urgents auxquels ils sont confrontés. Toutefois, s'ils négligent certains risques technologiques clés, ils risquent de créer des angles morts et d'exposer leurs organisations à de graves cybermenaces susceptibles de compromettre sérieusement leur succès à long terme », avertit Carolina Klint, responsable de la gestion des risques chez Marsh Europe continentale.

 

Différences

De manière générale, les résultats mettent également en évidence d'importantes disparités régionales, notamment entre les économies avancées et les marchés émergents. En Europe, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu'en Asie de l'Est et dans le Pacifique, les risques économiques liés à une inflation rapide ou persistante ont été identifiés comme le principal risque. Au Moyen-Orient, en Afrique et en Afrique subsaharienne, le principal risque identifié était d'ordre social, en lien avec la crise du coût de la vie. En Asie centrale et en Asie du Sud, les conflits interétatiques et les crises de la dette constituaient respectivement les principales préoccupations.

L’« Enquête d’opinion auprès des dirigeants » est menée par le Centre pour la nouvelle économie et la société du Forum économique mondial. Le groupe Marsh McLennan et le groupe d’assurance Zurich sont partenaires du centre et de la série de rapports sur les risques mondiaux.

 

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